Alger–Niamey : pourquoi le Niger revient vers l’Algérie (et ce que cela change pour le Sahel).

Après près d’un an de refroidissement diplomatique, la visite officielle à Alger du président nigérien Abdourahamane Tiani marque un tournant important dans les relations entre le Niger et l’Algérie. Ce rapprochement n’est pas symbolique. Il repose sur des intérêts très concrets : énergie, sécurité et accès aux marchés.

Pendant plusieurs mois, les relations entre Niamey et Alger avaient été affectées par les recompositions politiques dans le Sahel, notamment après les changements de régime intervenus en 2023. Cette tension n’était pas liée à un différend direct entre les deux pays, mais plutôt à une dynamique régionale portée par l’Alliance des États du Sahel.

Aujourd’hui, le Niger choisit le réalisme. Les autorités nigériennes reconnaissent à l’Algérie une position singulière dans la région, en particulier son opposition à toute intervention militaire extérieure. Pour Niamey, Alger apparaît désormais comme un partenaire stratégique crédible.

Le cœur du rapprochement est économique. La compagnie nationale algérienne Sonatrach prévoit de relancer ses activités pétrolières dans le nord du Niger, notamment sur le bloc de Kafra. À moyen terme, la production pourrait atteindre environ 260 000 barils par jour. Plus important encore, l’Algérie propose un programme de formation destiné à plus de 1 000 cadres et techniciens nigériens, avec un véritable transfert de compétences.

Autre projet majeur : le gazoduc transsaharien reliant le Nigeria à l’Europe via le Niger et l’Algérie. Longtemps bloqué, ce chantier revient dans les priorités. Pour le Niger, pays enclavé, il représente une opportunité historique d’intégration énergétique et industrielle.

Sur le plan sécuritaire, Alger assume un rôle central. Le président Abdelmadjid Tebboune l’a clairement affirmé : la sécurité du Niger est indissociable de celle de l’Algérie. Cette coopération vise à contenir l’expansion des groupes armés dans le Sahel et à stabiliser les zones frontalières.

Les infrastructures complètent ce dispositif. La route transsaharienne, aujourd’hui achevée à plus de 90 %, offre au Niger un accès direct aux ports algériens. Cela réduit fortement sa dépendance aux corridors du golfe de Guinée et renforce son autonomie commerciale.

Malgré cet élan, plusieurs fragilités demeurent. Le Mali reste en retrait de cette dynamique, ce qui pourrait accentuer son isolement régional. La question migratoire reste sensible, notamment les expulsions de migrants vers la frontière nigérienne. Enfin, le projet algérien fait face à une concurrence portée par le Maroc, qui défend un tracé atlantique alternatif.

En réalité, ce rapprochement répond à une logique simple. Le Niger a besoin d’énergie, d’accès aux marchés et de partenaires techniques. L’Algérie cherche à consolider son rôle de pivot entre Méditerranée et Sahel. Si les projets annoncés aboutissent, Alger pourrait devenir le principal hub logistique et énergétique du Niger, transformant durablement l’équilibre régional.

 

Maramory Bouka Niaré
Rédacteur en Chef

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