Dakar, mars 2025 — C’est un document de près de 80 pages qui risque de faire trembler les couloirs du pouvoir. Transmis en février 2025, le rapport définitif d’audit de la Cour des Comptes du Sénégal, couvrant la gestion des finances publiques entre 2019 et mars 2024, révèle un tableau inquiétant de pratiques budgétaires opaques, de dérives comptables et d’anomalies financières systémiques. Des recettes gonflées artificiellement L’un des constats les plus accablants concerne les recettes de l’État. La Cour révèle que des recettes de l’année N sont parfois comptabilisées comme perçues l’année N-1, en violation du règlement général sur la comptabilité publique. Ce procédé fausse les soldes budgétaires en réduisant artificiellement le déficit. En 2022 et 2023, ces rattachements irréguliers ont respectivement augmenté les recettes de 76,86 milliards et 54,19 milliards de F CFA. Sans ces ajustements illégaux, le déficit budgétaire aurait été de 6,56 % du PIB en 2022 (contre 6,10 % officiellement) et 5,17 % en 2023 (contre 4,9 %). Des comptes de dépôts opaques et incontrôlés Plus alarmant encore : la gestion des comptes de dépôt du Trésor, notamment ceux du programme PDIES (Programme de Défense des Intérêts Économiques et Sécuritaires) et du compte CAP/Gouvernement, a échappé à tout contrôle classique. Plus de 1 343 milliards de F CFA ont été décaissés via le compte CAP/Gouvernement entre 2019 et 2023, souvent sans justificatifs adéquats et hors procédure budgétaire. En 2023, ce même compte a même servi à rembourser une dette bancaire de plus de 305 milliards, sans lien établi avec son objet initial. La Cour dénonce aussi des affectations de ressources opérées directement par le Ministre des Finances, hors loi de finances, ce qui constitue une violation grave du principe de séparation des pouvoirs budgétaires. Une dette publique sous-estimée L’audit met en lumière des disparités majeures dans la gestion et la comptabilisation de la dette publique. Les chiffres transmis par différentes directions du ministère ne concordent pas : des milliards de F CFA de tirages de prêts ne sont pas retracés dans le TOFE (Tableau des Opérations Financières de l’État), ce qui minore le déficit réel. Ainsi, pour l’année 2023, 696,7 milliards de F CFA de tirages de prêts projets n’ont pas été enregistrés dans le TOFE. Des pratiques que la Cour relie directement à la volonté de respecter artificiellement les seuils de déficit fixés dans les lois de finances. Une évaluation partielle des dépenses fiscales Autre manquement de taille : l’absence de rapports annuels sur les dépenses fiscales pour les années 2022 et 2023, en violation des engagements communautaires de l’UEMOA. La DGID invoque des « contraintes de disponibilité des données », alors que la Cour rappelle que la publication est une obligation légale, sans distinction entre données provisoires ou définitives. Le silence sur les restes à recouvrer La gestion des restes à recouvrer (créances fiscales) est également pointée du doigt. Le rapport gouvernemental passe sous silence 261 milliards de F CFA de créances douanières. Résultat : la dette fiscale globale au 31 mars 2024 est sous-estimée de près de 40 %. Un signal d’alarme lancé à la veille des présidentielles ? Cet audit, inédit par son ampleur, intervient dans un contexte politique tendu, à la veille de l’élection présidentielle de 2025. Il jette une lumière crue sur les méthodes de gestion financière du pouvoir sortant, tout en soulevant des questions fondamentales sur la gouvernance, la transparence et la responsabilité dans l’utilisation des deniers publics. La Cour des Comptes a recommandé des mesures immédiates pour corriger ces dérives : rationalisation des comptes de dépôts, publication rigoureuse des données fiscales, fiabilisation des systèmes d’information et assignation des opérations à des comptables publics habilités. Reste à savoir si ces recommandations seront suivies d’effets… ou enterrées dans les arcanes d’une administration qui semble avoir érigé l’opacité en méthode de gouvernement. Bouka NiaréRédacteur en Chef
Match Comores vs Mali : où regarder le match ?
Enjeux du match Comores vs Mali : Une rencontre décisive pour les deux équipes ! Le 20 mars 2025, le stade municipal de Berkane, au Maroc, accueillera un match crucial pour les équipes nationales des Comores et du Mali. Ce match, comptant pour les éliminatoires de la Coupe du Monde 2026, revêt une importance capitale pour les deux formations qui aspirent à décrocher leur billet pour la prestigieuse compétition internationale. Les Comores : défi historique à relever Les Comores, souvent considérées comme des outsiders dans les compétitions internationales, se retrouvent face à une opportunité en or de se rapprocher des phases finales de la Coupe du Monde. L’équipe, dirigée par le sélectionneur Amir Abdou, a réalisé des performances impressionnantes ces dernières années, notamment lors de la Coupe d’Afrique des Nations 2021, où elle a réussi à se qualifier pour les huitièmes de finale. Cependant, le chemin vers le Mondial reste semé d’embûches, et ce match contre le Mali pourrait bien marquer un tournant décisif dans leurs ambitions. Les Comores se retrouvent dans une situation où chaque point compte. Une victoire contre le Mali renforcerait leur position dans le groupe, et leur offrirait une chance réelle de se qualifier pour la Coupe du Monde 2026. L’équipe devra faire preuve de solidarité, de rigueur tactique et de détermination pour rivaliser avec des adversaires aussi coriaces. Le Mali : l’objectif est la qualification De son côté, le Mali arrive avec l’ambition claire de se qualifier pour la Coupe du Monde 2026, une compétition qu’il n’a pas encore remportée. Avec une équipe riche en talents, notamment des joueurs évoluant dans des championnats de haut niveau, le Mali espère franchir un nouveau palier dans l’histoire de son football. L’équipe dirigée par le sélectionneur Tom Saintfiet mise sur une défense solide et une attaque percutante pour remporter ce match crucial. Avec une victoire contre les Comores, les Maliens consolideraient leur place en tête du groupe et se rapprocheraient de l’objectif de la qualification. Cependant, le match ne sera pas facile, car les Comores, en tant que pays hôte du tournoi, ont le soutien de leur public et disposent d’une équipe en pleine ascension. Le Mali devra donc être particulièrement vigilant. Où regarder le match ? Le match entre les Comores et le Mali sera diffusé sur plusieurs chaînes en fonction de la région. En France, les téléspectateurs pourront suivre la rencontre sur L’Équipe Live Foot à 22h00 heure locale. Au Mali, c’est ORTM qui diffusera le match, tandis qu’aux Comores, ce sera ORTC qui assurera la couverture en direct. Pour les fans qui suivent le match depuis d’autres régions du monde, la plateforme FIFA+ proposera également une diffusion en streaming gratuit. Le match débutera à 21h00 heure locale (GMT) au Maroc, ce qui correspond à 22h00 aux Comores et au Mali. Ce duel s’annonce intense et riche en émotions, avec des enjeux élevés pour les deux équipes. Un match à suivre de près Les deux équipes auront tout à jouer lors de cette rencontre décisive. Les Comores espèrent continuer à surprendre et à s’imposer parmi les grandes nations du football africain, tandis que le Mali, fort de ses ambitions, cherche à franchir une nouvelle étape vers la qualification pour le Mondial 2026. Ce match s’annonce palpitant et promet d’offrir un spectacle de haut niveau. Il ne fait aucun doute que les supporters des deux équipes vivront une soirée pleine de tension et d’espoir. Les passionnés de football ne manqueront pas ce match clé, qui pourrait bien marquer l’histoire des deux nations. À suivre sur L’Équipe Live Foot, ORTM, ORTC, et FIFA+ ! Par Maramory Bouka NiaréRédacteur en Chef
Calibre 27 : « An ta da den » quand le Rap prend position avec panache !
Le groupe de rap malien Calibre 27, composé de trois jeunes talents prometteurs, a récemment dévoilé son tout nouvel album « Génération Calibrée Vol.2 », disponible sur l’application EMPIRE AFRIQUE https://www.empireafrique.com/. Avec ses 11 morceaux, cet album se distingue non seulement par son écriture aiguisée, mais surtout par un titre qui fait mouche : « An ta da den ». Un morceau qui, à lui seul, résume toute la force de cette œuvre. « An ta da den » n’est pas qu’une simple chanson, c’est un message. Un message qui, avec finesse et codes, aborde la politique malienne et interpelle aussi bien les autorités que la jeunesse. Le groupe n’a pas mâché ses mots en lançant un clin d’œil acéré à la situation actuelle du pays. « Ka djaman marani ni polygamie ye » (traduction : « Gérer le pays avec la polygamie ») ? C’est une métaphore qui frappe là où ça fait mal, résumant, avec une ironie mordante, l’état de gestion du Mali. Les promesses des autorités de la transition, tout comme les crises qui secouent le pays, sont mises en lumière dans cette critique subtile mais percutante. Ce morceau ne se contente pas de faire bouger les têtes, il fait réfléchir. La jeunesse malienne, mais aussi les responsables politiques, trouveront dans ces paroles un miroir assez fidèle de la réalité politique actuelle. Alors, ce morceau est-il le véritable moteur de l’album ? À en juger par son impact, il semble bien que ce soit le cas. Parce que, quand le rap parle avec autant de vérité et d’audace, ça ne peut que secouer les consciences. Par Maramory Bouka NiaréRédacteur en Chef
Le livre et les tablettes de Thot : les secrets perdus du Dieu de la sagesse.
Depuis l’Antiquité, la légende du Livre de Thot et des Tablettes de Thot alimente mystères et spéculations. Ce manuscrit sacré, attribué au dieu égyptien de la sagesse et de l’écriture, renfermerait des connaissances interdites capables d’accorder un pouvoir immense à son lecteur. Mais s’agit-il d’un simple mythe ou d’une réalité occultée par le temps ? Plongée dans l’un des plus grands mystères ésotériques de l’Histoire. Un livre divin, gardien du savoir absolu Dans la mythologie égyptienne, Thot est le dieu de l’écriture, des mathématiques, de la magie et de la sagesse. Il est souvent représenté avec une tête d’ibis, un rouleau de papyrus à la main, et considéré comme l’inventeur des hiéroglyphes et du langage sacré des dieux. Le Livre de Thot serait un texte mythique, caché par le dieu lui-même, contenant les secrets de l’univers, de la vie après la mort et du pouvoir absolu sur la réalité. Selon certaines légendes, quiconque lirait ses pages pourrait commander aux éléments, comprendre le langage des animaux et communiquer avec les divinités. Mais cette connaissance aurait un prix : la folie ou la mort pour les esprits non préparés. Les tablettes de Thot : une version tangible du mythe ? Si le Livre de Thot reste une entité mystérieuse, les Tablettes de Thot sont souvent évoquées comme sa manifestation matérielle. Ces tablettes, également appelées Tablettes d’Émeraude, sont censées contenir les lois universelles de la création et du savoir hermétique. D’après la tradition ésotérique, ces tablettes auraient été gravées par Thot lui-même, puis transmises à des initiés à travers les âges. Certains chercheurs et occultistes, comme Hermès Trismégiste, auraient tenté d’en décrypter les messages, donnant naissance à l’hermétisme, un courant philosophique mêlant alchimie, astrologie et sagesse divine. Une autre interprétation veut que ces tablettes ne soient pas seulement symboliques mais des objets réels, enfouis quelque part sur Terre, attendant d’être retrouvés. Certains les associent à la bibliothèque cachée sous le Sphinx de Gizeh, tandis que d’autres y voient une connaissance transmise par une civilisation disparue, voire extraterrestre. Entre réalité historique et mythe ésotérique Les références au Livre et aux Tablettes de Thot apparaissent dans plusieurs textes antiques, comme les papiers égyptiens de Turin et de Westcar, mais aussi dans des écrits gréco-romains et arabes. Cependant, aucune preuve archéologique définitive ne confirme leur existence sous une forme physique. Toutefois, ces récits ont profondément influencé l’occultisme et les traditions mystiques. L’ésotériste Aleister Crowley, par exemple, a repris ces légendes dans son célèbre Livre de Thot, une interprétation mystique du tarot divinatoire. Un savoir caché, toujours à découvrir ? La fascination pour le Livre et les Tablettes de Thot témoigne d’une quête intemporelle : celle d’une connaissance absolue, capable de percer les mystères de l’univers et de transcender la condition humaine. Leur existence est-elle réelle ou s’agit-il d’une métaphore d’un savoir perdu ? Une chose est sûre : tant que l’humanité cherchera à comprendre les secrets de l’univers, le mythe de Thot continuera d’alimenter les esprits et d’inspirer les chercheurs, les mystiques et les rêveurs. Par : Bouka Niare
Mali, Niger et Burkina Faso, nouveaux valets de l’Orient.
À Niamey, les trois dirigeants de la nouvelle Confédération des États du Sahel ont expliqué les tenants et les aboutissants de leur accord conclu sous la forme d’un traité. Le colonel Goïta a loué l’association originale, gage, selon lui, d’une sécurité recouvrée. Le général Tiani et le capitaine Traoré, eux, ont tenu discours offensif contre la Cédéao et l’Occident (I) mais qui ne masque pas le manque de logique de leur politique : la soumission aux puissances orientales (II). Recevant ses homologues dans la capitale nigérienne, le général Tiani a pris la parole avant les Présidents malien et burkinabè. « Volonté commune » de reconquérir la « souveraineté nationale » et d’obtenir la « réhabilitation » de la dignité perdue : telle a été la motivation principale développée par l’homme fort du Niger quant à la création de la Confédération tripartite. L’ancien chef de la garde présidentielle a dénoncé l’ « agression armée projetée par Cédéao » à la suite de la mise à l’écart de Mohamed Bazoum, mais annihilée grâce à l’AES. Il a aussi critiqué le « déficit d’implication » de l’organisation régionale en matière de terrorisme. La charge, partiellement fondée – reconnaissons-le – a pris fin avec l’énumération des objectifs visés, une fois quelques satisfecit émis (sur le sujet diplomatique surtout) : les putschistes entendent assurer la « sécurité alimentaire » à leurs peuples et veulent industrialiser leurs pays, construire des routes… Pour cela, « adopter une armature juridique et institutionnelle permettant de donner corps et identité à la confédération » serait nécessaire, d’autant plus, comme l’affirme le Président Tiani, que Maliens, Nigériens et Burkinabés « ont irrévocablement tourné le dos à la Cédéao », parce que cette organisation « factice » les opprimerait, à cause de la « mainmise des puissances étrangères », dont les valeurs diffèreraient des « valeurs africaines » fondant la Confédération des États du Sahel… Quelles valeurs ? L’officier nigérien n’en a rien dit, pas plus qu’Ibrahim Traoré, dont le discours a été plus virulent. Occident, bouc-émissaire. Ainsi pourrait-on en effet résumer l’exposé du capitaine burkinabè : après les fermes reproches de son comparse nigérien à la Cédéao, le chef de la junte, qui tient le palais de Kosyam depuis septembre 2022, a réprimé l’Occident dans une éloquente diatribe appréciée par le public présent. On a ainsi pu entendre des accusations déjà portées contre la France et qui rappellent l’agressive répartie de Choguel Maïga, l’inélégance et les approximations en plus. Flattant les peuples du Sahel, peuples de « frères » et de « sœurs », victimes de l’ingratitude d’États occidentaux qu’ils ont pourtant aidés à « se débarrasser du nazisme », le président du Burkina Faso a fustigé les « impérialistes », qui « n’ont qu’un seul cliché en tête : l’Afrique est l’empire des esclaves », car « pour eux, les Africains leur appartiennent », comme leurs terres et leurs sous-sols. Aprèsles« simulacres » d’indépendances, ils auraient placé des « valets locaux » à la tête de leurs « sous-préfectures », ces « esclaves de salon » étant responsables, selon lui, de la pauvreté des pays de la nouvelle alliance régionale, car ils chercheraient à satisfaire leur « maître » et à s’enrichir avec lui. Et l’habile discoureur d’ajouter : « Nous avons demandé à ces maîtres de quitter les lieux, mais pourquoi ne veulent-ils pas partir ? » Mais, alors, une question cependant se pose : pourquoi accepter l’installation de nouveaux maîtres ? Si les dirigeants de la Confédération font de la France les responsables de leurs maux, qu’ils reconnaissent le départ son armée et la source actuelle des problèmes très graves, catastrophiques, des États du Sahel ; les soldats français ont en effet quitté le Mali en août 2022, le Burkina Faso en février 2023 et le Niger en décembre de la même année ; les États-Unis, quant à eux, auront laissé leur base nigérienne à la fin 2024. De plus, leur attribuer les causes de l’insécurité et de l’impuissance à éliminer le terrorisme, c’est négliger l’instabilité politique provenant des désirs des militaires de prendre le pouvoir. Le capitaine Traoré a renversé le lieutenant-colonel Damiba, son ancien allié, avec lequel il avait fomenté un coup d’État, en janvier 2022, contre le Président Kaboré, et si le général Tiani a renversé le Président Bazoum, c’est pour se venger d’une réorganisation de l’armée qui ne lui convenait pas. Ces départs ont aussi eu lieu suivant des accords conclus entre les dictateurs des trois pays et leurs nouveaux alliés à visée impérialiste : la Chine et la Turquie. De nombreux journaux, comme le Monde, ont rapporté que le Niger devrait bientôt pouvoir compter sur l’aide de la Turquie – déjà, en janvier 2024, l’armée nigérienne a réceptionné des drones Bayraktar – : les liens renforcés entre les deux pays concerneraient aussi la santé et l’éducation, mais aussi le pétrole. Comme l’indique Radio France internationale, en mai 2024, au Mali, la junte a autorisé la Chine à exploiter une mine de lithium. Un tel accord ne devrait-il pas inquiéter le Président Goïta ? Le pouvoir de Xi Jinping n’est pas réputé, en effet, pour son humanisme : en 2020, le Sri Lanka a dû laisser aux Chinois la propriété du port de Colombo, la capitale, quand le pays n’a plus été capable de rembourser le prêt que le gouvernement avait contracté avec eux. Le risque est grand, si la junte continue de céder aux avances de l’Empire du Milieu, que son économie se trouve, comme celle de la République démocratique du Congo, « en situation de dépendance structurelle », comme l’affirme la Direction du Trésor dans un article publié le 20 mars 2019. Un rapport d’étude du Consortium pour la recherche économique en Afrique s’interrogeait sur ce sujet en 2008 : « L’offensive chinoise est destinée à renforcer son influence diplomatique en Afrique pour asseoir son statut de superpuissance (les Africains représentent plus du tiers des effectifs de l’ONU). » Alors, on peut se demander qui sont les nouveaux « valets de salon » du capitaine Traoré et s’ils ne sont pas non plus les dindons de la farce. La Cédéao n’a pas renoncé à faire revenir le Mali, le Niger et le Burkina Faso en son sein : elle a nommé le nouveau président du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, « facilitateur avec l’Alliance des États du Sahel ». La démarche semble toutefois vaine. En opposant les « valeurs africaines » aux valeurs occidentales, les juntes annoncent se
Mali : Nouvelles Taxes en 2025, Entre Réformes Économiques et Contestations.
Le gouvernement malien a introduit de nouvelles taxes en 2025 dans le cadre d’une réforme fiscale visant à renforcer les finances publiques et à répondre aux besoins croissants du pays. Si ces mesures sont présentées comme une nécessité pour stabiliser l’économie et financer les infrastructures, elles suscitent néanmoins des critiques de la part des entreprises et de la population. Une réforme fiscale ambitieuse Face à un contexte économique marqué par l’instabilité régionale et la nécessité d’augmenter les recettes de l’État, le gouvernement malien a mis en place une série de nouvelles taxes touchant plusieurs secteurs : Selon le ministère des Finances, ces mesures devraient permettre de renforcer la mobilisation des ressources internes et de réduire la dépendance aux aides internationales. Des répercussions économiques sur la population et les entreprises Si le gouvernement justifie ces nouvelles taxes par la nécessité de financer les infrastructures et les services publics, de nombreux citoyens et opérateurs économiques dénoncent leur impact direct sur le pouvoir d’achat et la compétitivité des entreprises. 1. Une pression accrue sur les ménages La hausse de la TVA et la taxation des transactions mobiles affectent en priorité les classes populaires, qui dépendent largement du transfert d’argent pour le soutien familial. Plusieurs organisations de la société civile estiment que ces taxes pourraient aggraver le coût de la vie et creuser les inégalités. 2. Les entreprises en difficulté Les nouvelles charges fiscales inquiètent également les chefs d’entreprises, notamment dans les secteurs du commerce et de l’immobilier. Les petites et moyennes entreprises (PME), déjà fragilisées par l’instabilité économique, craignent une baisse de la consommation et une augmentation des coûts d’exploitation. Protestations et revendications Face à cette réforme fiscale, des mouvements de contestation ont vu le jour. Plusieurs associations de commerçants et syndicats ont exprimé leur mécontentement à travers des grèves et manifestations, appelant le gouvernement à revoir ces mesures. Un collectif d’opérateurs économiques a récemment demandé l’ouverture d’un dialogue avec l’État pour trouver un compromis sur certaines taxes jugées trop contraignantes. Certains experts plaident également pour une meilleure progressivité des taxes, afin d’éviter qu’elles ne pèsent disproportionnellement sur les plus démunis. Quelle suite pour cette réforme ? Malgré les critiques, le gouvernement reste ferme sur la nécessité de ces nouvelles taxes, tout en affirmant être ouvert à des ajustements si des alternatives viables sont proposées. Une commission d’évaluation fiscale devrait être mise en place pour surveiller l’impact de ces réformes sur l’économie nationale. En attendant, le débat reste vif au sein de la société malienne, entre nécessité de financer le développement et crainte d’une pression fiscale trop lourde sur les citoyens et les entreprises. BOUKA NIAREArchitecte de données
Culture Bambara : Règles, Étapes et Valeurs Sociétales
Culture Bambara : Règles, Étapes et Valeurs Sociétales La culture Bambara, l’un des piliers des sociétés d’Afrique de l’Ouest, est fortement marquée par un système d’initiation qui joue un rôle fondamental dans la transmission des savoirs, des valeurs et des responsabilités sociales. Ce processus éducatif, qui s’étend sur plusieurs années, prépare les individus à la vie adulte et à leurs futures responsabilités dans la société. À travers des rites structurés, l’initiation permet aux jeunes de comprendre les traditions, d’intégrer les normes sociales et de renforcer la cohésion communautaire. 1. L’Initiation Bambara : Un Passage Obligatoire L’initiation dans la culture Bambara n’est pas simplement un apprentissage, c’est une transformation. Elle concerne aussi bien les garçons que les filles et repose sur des principes fondamentaux : la discipline, la solidarité, le respect des ancêtres et la connaissance des secrets de la vie. Les initiés sont souvent rassemblés en groupes d’âge, appelés ton, et suivent un enseignement encadré par des aînés et des sages. Le processus d’initiation comprend plusieurs étapes essentielles, allant de l’éducation de base aux connaissances ésotériques réservées aux initiés avancés. 2. Les Règles de l’Initiation L’initiation Bambara est régie par des règles strictes, qui varient selon les villages et les cercles sociaux, mais qui reposent sur des principes universels : 3. Les Étapes de l’Initiation L’initiation Bambara est un long processus divisé en plusieurs phases, qui diffèrent selon les communautés et les castes. a) L’Enfance : L’Éducation Préliminaire Dès le plus jeune âge, les enfants sont préparés à la vie communautaire à travers des contes, des proverbes et des apprentissages pratiques. L’objectif est de leur inculquer les valeurs de courage, d’humilité et de respect. b) L’Initiation Publique (Première étape) L’initiation proprement dite commence à l’adolescence, souvent entre 12 et 15 ans. Elle se fait en groupe et implique des rituels collectifs marquant l’entrée dans l’âge adulte. Cette phase est souvent accompagnée d’épreuves physiques, telles que des retraites en brousse où les jeunes apprennent la chasse, la pêche et les secrets de la nature. L’initiation publique inclut également des enseignements sur : c) L’Initiation Secrète (Deuxième étape) À ce stade, seuls ceux qui ont prouvé leur engagement et leur discipline peuvent accéder aux connaissances supérieures. Les initiés sont introduits aux mystères spirituels, à l’usage des masques sacrés et aux cérémonies religieuses. Cette étape peut durer plusieurs années et repose sur la transmission orale des savoirs ancestraux. Les initiés avancés peuvent intégrer des sociétés secrètes comme les komo, qui jouent un rôle clé dans la gestion sociale et spirituelle de la communauté. d) L’Initiation Ultime et le Statut de Sage Les plus avancés deviennent des guides spirituels, des gardiens des traditions et des juges communautaires. À ce niveau, ils sont souvent appelés à arbitrer les conflits et à enseigner la prochaine génération. 4. Les Valeurs Sociétales Transmises par l’Initiation L’initiation dans la culture Bambara ne se limite pas à un simple rituel, elle forge l’identité et le caractère des individus en leur inculquant des valeurs fondamentales. a) La Responsabilité Collective L’un des principes majeurs est l’importance de la communauté. L’individu n’existe pas seul, il fait partie d’un ensemble et a des responsabilités envers les siens. b) Le Respect des Aînés et des Traditions Les aînés sont vus comme les piliers de la société. Respecter et écouter les sages est une obligation pour maintenir l’équilibre social. c) L’Humilité et la Maîtrise de Soi L’initiation met l’accent sur la patience, la sagesse et l’humilité. L’initié doit apprendre à gérer ses émotions et à faire preuve de retenue. d) La Transmission du Savoir Le savoir est sacré dans la culture Bambara. Chaque génération a le devoir de transmettre aux suivantes ce qu’elle a appris. 5. L’Initiation Aujourd’hui : Entre Tradition et Modernité Avec la modernisation et l’influence des cultures extérieures, certaines pratiques initiatiques ont évolué ou ont été abandonnées. Toutefois, de nombreux peuples Bambara continuent de préserver ces traditions en les adaptant à la vie contemporaine. Par exemple, certaines cérémonies d’initiation sont aujourd’hui intégrées dans des festivals culturels, et l’enseignement des valeurs traditionnelles est souvent associé à l’éducation moderne. De plus, les jeunes Bambara en diaspora tentent de se reconnecter à ces rituels à travers des rassemblements communautaires et des formations culturelles. Conclusion L’initiation dans la culture Bambara est bien plus qu’un simple rituel de passage. C’est un processus éducatif qui permet de forger des citoyens responsables, conscients de leur héritage et engagés envers leur communauté. Malgré les changements sociétaux, ces rites continuent d’influencer la manière dont les Bambara perçoivent l’éducation, la solidarité et le respect des traditions. Aujourd’hui encore, cette transmission des valeurs demeure essentielle pour préserver l’identité culturelle et assurer la cohésion sociale. BOUKA NIAREArchitecte de données
La Bourse en Afrique : évolution et perspectives en 2025
L’Afrique, souvent perçue comme un marché émergent en matière de finance et d’investissements, connaît une transformation progressive de ses places boursières. En 2025, les bourses africaines continuent de se structurer et d’attirer des investisseurs locaux et internationaux. Toutefois, certains défis persistent, notamment la volatilité des marchés, l’accès au financement et la gouvernance des entreprises cotées. Un marché boursier en pleine expansion Les principales bourses africaines, comme la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) en Afrique de l’Ouest, la Bourse de Johannesburg (JSE), la Nigerian Stock Exchange (NGX) et la Bourse de Casablanca, jouent un rôle clé dans le financement des entreprises et le développement économique du continent. Ces places financières ont enregistré une augmentation des volumes d’échanges et une diversification des produits financiers. En 2025, plusieurs tendances se dégagent : Des performances contrastées selon les régions Si certaines places boursières comme la JSE et la BRVM affichent une certaine résilience face aux chocs économiques mondiaux, d’autres, comme la NGX au Nigeria, font face à des difficultés liées à l’inflation et aux fluctuations monétaires. Les bourses d’Afrique du Nord (Maroc, Égypte) bénéficient quant à elles d’une croissance portée par les réformes économiques et l’attractivité des secteurs industriels et financiers. En revanche, des marchés plus jeunes, comme ceux d’Afrique centrale, peinent à attirer des capitaux en raison de la faible liquidité et de la dépendance aux matières premières. Les défis à relever Malgré des avancées significatives, le marché boursier africain fait face à plusieurs obstacles : Perspectives pour l’avenir Pour consolider la croissance des marchés financiers africains, plusieurs stratégies sont à privilégier : Avec ces initiatives, les bourses africaines pourraient gagner en maturité et en attractivité, jouant ainsi un rôle central dans le financement du développement du continent. BOUKA NIAREArchitect de données
Qualifications Coupe du Monde 2026 – Le Mali face à son destin en mars 2025.
Le Mali en quête de rachat pour relancer son rêve mondialiste Du 21 au 25 mars 2025, les Aigles du Mali reprendront le chemin des qualifications pour la Coupe du Monde 2026. Après un départ en demi-teinte, avec seulement 5 points en 4 journées, la sélection malienne conserve néanmoins son destin entre ses mains. Actuellement 4e du groupe I, le Mali accuse 4 points de retard sur les Comores et le Ghana, co-leaders avec 9 points chacun. Juste devant eux, Madagascar totalise 7 points, tandis que la République Centrafricaine est en embuscade avec 4 unités. Seul le Tchad, lanterne rouge, semble hors course après avoir concédé la totalité de ses matchs. Malgré cette position inconfortable, les espoirs restent intacts, d’autant plus que Tom Saintfiet, récemment nommé sélectionneur à la place d’Éric Chelle, est déterminé à insuffler une nouvelle dynamique à l’équipe. Yves Bissouma et ses coéquipiers auront deux matchs cruciaux à disputer sur terrain neutre au Maroc, qui pourraient bien relancer leur campagne. Un double défi crucial en mars : Comores et Centrafrique au programme Un choc décisif face aux Comores le 21 mars à Berkane Le premier défi sera un choc face aux Comores le 21 mars à Berkane (Maroc). Cette rencontre sera déterminante, car une victoire permettrait aux Aigles de revenir à un point seulement des Comores. Un faux pas, en revanche, compliquerait sérieusement leurs chances de qualification. Les Comores ont impressionné par leur constance, mais le Mali, avec son nouveau sélectionneur, pourrait bien redistribuer les cartes. Cette rencontre est une véritable « équation à une seule inconnue » pour les Aigles : gagner, peu importe la manière. Confirmer contre la République Centrafricaine le 25 mars à Casablanca Quatre jours plus tard, le Mali affrontera la République Centrafricaine à Casablanca. Lors de la 2ᵉ journée, les Aigles avaient été tenus en échec (1-1), un résultat frustrant. Cette fois, il faudra l’emporter pour distancer la Centrafrique et s’affirmer comme un sérieux prétendant à la qualification. Ces deux matchs sont une opportunité en or, car les Aigles évolueront loin des terres comoriennes et centrafricaines, sur un terrain plus neutre au Maroc. Un avantage pour le Mali, qui bénéficiera d’un soutien important de la diaspora malienne, plus nombreuse que celle de ses adversaires. Une équipe transformée et un regain d’efficacité offensive Depuis le début des qualifications, le Mali a connu de profondes mutations : Le milieu de terrain malien, considéré comme l’un des meilleurs d’Afrique, reste l’atout majeur de l’équipe. L’interrogation principale concerne la défense, qui devra se hisser au niveau du reste de l’équipe pour espérer revenir du Maroc avec deux victoires. Vers une première qualification historique pour la Coupe du Monde ? Le Mali n’a encore jamais participé à une Coupe du Monde. Une double victoire en mars pourrait relancer le rêve d’une qualification historique. Si les Aigles parviennent à s’imposer contre les Comores et la Centrafrique, ils se repositionneront idéalement dans la course avant d’aborder la suite des éliminatoires. Alors que la liste des joueurs convoqués n’a pas encore été dévoilée, l’ossature des dernières rencontres devrait être conservée, avec quelques retours et nouvelles intégrations. Tout le peuple malien espère voir ses Aigles s’envoler vers un destin glorieux. Comme le dit un proverbe : « Un voyage de mille lieues commence par un premier pas. » Ces deux matchs de mars pourraient bien être le premier grand pas du Mali vers la Coupe du Monde 2026. Mots-clés SEO : Mali qualifications Coupe du Monde 2026, Aigles du Mali, Tom Saintfiet, Yves Bissouma, Néné Dorgelès, Bilal Touré, Mali vs Comores, Mali vs Centrafrique, calendrier qualifications Coupe du Monde Afrique, groupe I qualifications mondial 2026
L’arrêt de la Cour constitutionnelle malienne en date du 18 décembre 2020 : une décision juridique ou politique ?
Contribution réalisée avec Maître Mahamoud SIDIBÉ, docteur en droit public de l’université Nanterre-Paris-X et avocat à la cour d’appel de Paris. Chargée de veiller au respect de la Constitution et à la régularité des élections, la Cour constitutionnelle s’est retrouvée au cœur de l’une des plus grandes crises politiques et institutionnelles qu’a connue le Mali en 2020. Après la proclamation des résultats des dernières élections législatives, plusieurs candidats ont saisi la Cour constitutionnelle pour lui soumettre des contestations nées à l’occasion des scrutins dans leurs circonscriptions. À la lecture des requêtes, on observe aisément que tous les partis politiques ont saisi la Cour constitutionnelle pour demander l’annulation des résultats du vote pour des motifs divers, notamment l’interdiction d’accès des assesseurs de certains partis politiques au bureau de vote, l’enlèvement du matériel électoral par des personnes non-identifiées comme dans la circonscription de Gourma Rharous. La saisine de la Cour constitutionnelle par l’ensemble des partis politiques est révélatrice du dysfonctionnement et des maux du système électoral malien qui s’expliquent en partie par la corruption généralisée et le caractère inadapté des textes en matière électorale. Par un arrêt en date du 30 avril 2020 portant proclamation des résultats du deuxième tour de l’élection des députés à l’Assemblée nationale, la Cour constitutionnelle a déclaré irrecevable de nombreuses requêtes déposées par des chefs de village : ces personnes n’ayant pas la qualité ni de candidats, ni de partis politiques, ni de mandataires de candidats, comme le prescrit la loi organique du 5 mars 2002 relative à la Cour constitutionnelle. Elle a en outre jugé irrecevables des requêtes qui ne comportaient ni de signature, ni de date comme l’exige la loi organique précitée. La Cour constitutionnelle a relevé plusieurs irrégularités entachant la sincérité du scrutin dans plusieurs circonscriptions en particulier le remplacement illégal du président du bureau de vote et l’éviction illégale des délégués de certains partis politiques dûment mandatés. Bien que l’arrêt soit motivé juridiquement, il a fait l’objet de nombreuses critiques. On a en effet reproché à la Cour constitutionnelle son manque d’objectivité : elle aurait, selon les partis de l’opposition, privilégié les candidats du parti majoritaire. Ce manque d’objectivité du juge électoral a été ressenti comme une injustice et une trahison irréparable dans la mesure où la décision contestée ne peut faire l’objet d’un recours comme le prévoit l’article 94 de la Constitution. L’arrêt controversé a conduit à une perte de confiance entre la Cour constitutionnelle et les partis de l’opposition ainsi que la grande majorité des Maliens. Sur l’étendue du territoire, le mécontentement s’est traduit par des manifestations contre la Cour constitutionnelle, jugée comme responsable « d’un coup d’état électoral » au profit du pouvoir présidentiel et contre la volonté des électeurs maliens. Ces manifestations ont conduit à la genèse du mouvement M5RFP dont l’une des revendications étaient la dissolution de la Cour constitutionnelle en guise de sanction. La crise politique déclenchée par l’arrêt de la Cour constitutionnelle va s’accentuer à cause de l’élection de l’un des députés contestés, Monsieur Moussa Timbiné, à la présidence de l’Assemblée nationale. Outre la demande de remplacement des juges de la Cour constitutionnelle, le mouvement M5RFP exige la dissolution de l’Assemblée nationale. Ces revendications fragilisent non seulement la Cour constitutionnelle et l’Assemblée nationale, mais aussi le Président de la République qui détient un pouvoir de nomination sur la première institution et un pouvoir de dissolution sur la seconde. La crise politique s’accompagne donc d’une crise institutionnelle fragilisant davantage le Président de la République largement critiqué pour son manque de vision en matière sécuritaire et son refus de lutter contre la mauvaise gouvernance. Face à une menace du changement de l’ordre constitutionnel, la CEDEAO a fait irruption dans la crise malienne en qualité de médiateur et a fait des recommandations en vue de mettre fin à la crise politique et institutionnelle. Elle a notamment proposé le remembrement de la Cour constitutionnelle en violation de la Constitution de 1992 et du principe de l’indépendance des juges constitutionnels et la démission des députés contestés, y compris le président de l’Assemblée nationale. En s’appuyant sur ces recommandations contraires à la Constitution, le Président Ibrahim Boubacar Keita a dissout la Cour constitutionnelle et a fragilisé davantage cette institution et l’institution présidentielle. En agissant ainsi, le président IBK a violé son propre serment de respecter et de faire respecter la Constitution, comme le prévoit l’article 37 de la Constitution. Suite à cette violation manifeste de la Constitution, la Présidente de la Cour constitutionnelle, Madame Manassa DANIOKO, a déposé un recours auprès de la Cour suprême pour solliciter l’annulation de la décision présidentielle. Alors que le recours que le recours de la présidente de la Cour constitutionnelle était pendant devant la Cour suprême, les autorités en place ont désigné, comme le prévoit les recommandations de la CEDEAO, les nouveaux membres de la Cour constitutionnelle en violation de la Constitution. Ce mauvais choix politique a ôté à cette institution, gardienne de la Constitution, toute crédibilité et légitimité démocratique. Cependant, le Président IBK n’a pas été capable de convaincre les députés contestés de sa majorité à appliquer les recommandations de la CEDEAO et a volontairement refusé d’user de son droit de dissolution prévu à l’article 42 de la Constitution de 1992. Cette inaction du président de la République a pour conséquence une aggravation de la grogne sociale et une radicalisation d’une partie du mouvement MRFP, sous l’autorité morale de l’imam Mahamoud DICKO, exigeant son départ. Afin d’éviter un bain de sang, un petit groupe d’officiers a renversé l’ordre constitutionnel en arrêtant le président IBK à son domicile. Sous la pression des militaires, ce dernier a dissout la Cour constitutionnelle et le gouvernement et a présenté publiquement sa démission pour maquiller le coup d’état qui est considéré comme un crime imprescriptible contre le peuple malien dans la Constitution de 1992. Bien que sa légitimité soit durement fragilisée, la Cour constitutionnelle est la seule institution qui a survécu après le coup d’état. Les nouvelles autorités militaires l’ont néanmoins ignorée pendant longtemps, puisqu’elles vont adopter, sans la consulter, le fameux acte