Le gouvernement malien a introduit de nouvelles taxes en 2025 dans le cadre d’une réforme fiscale visant à renforcer les finances publiques et à répondre aux besoins croissants du pays. Si ces mesures sont présentées comme une nécessité pour stabiliser l’économie et financer les infrastructures, elles suscitent néanmoins des critiques de la part des entreprises et de la population.
Une réforme fiscale ambitieuse
Face à un contexte économique marqué par l’instabilité régionale et la nécessité d’augmenter les recettes de l’État, le gouvernement malien a mis en place une série de nouvelles taxes touchant plusieurs secteurs :
- Une hausse de la TVA sur certains produits de consommation, passant de 18% à 20% sur des biens jugés non essentiels.
- Une nouvelle taxe sur les transactions mobiles, un secteur en pleine expansion, avec un prélèvement de 1,5% sur les transferts d’argent.
- Une taxe foncière réévaluée, augmentant les contributions des propriétaires immobiliers.
- Une taxe environnementale sur les importations de véhicules d’occasion, destinée à limiter la pollution et encourager l’achat de véhicules plus récents.
Selon le ministère des Finances, ces mesures devraient permettre de renforcer la mobilisation des ressources internes et de réduire la dépendance aux aides internationales.
Des répercussions économiques sur la population et les entreprises
Si le gouvernement justifie ces nouvelles taxes par la nécessité de financer les infrastructures et les services publics, de nombreux citoyens et opérateurs économiques dénoncent leur impact direct sur le pouvoir d’achat et la compétitivité des entreprises.
1. Une pression accrue sur les ménages
La hausse de la TVA et la taxation des transactions mobiles affectent en priorité les classes populaires, qui dépendent largement du transfert d’argent pour le soutien familial. Plusieurs organisations de la société civile estiment que ces taxes pourraient aggraver le coût de la vie et creuser les inégalités.
2. Les entreprises en difficulté
Les nouvelles charges fiscales inquiètent également les chefs d’entreprises, notamment dans les secteurs du commerce et de l’immobilier. Les petites et moyennes entreprises (PME), déjà fragilisées par l’instabilité économique, craignent une baisse de la consommation et une augmentation des coûts d’exploitation.
Protestations et revendications
Face à cette réforme fiscale, des mouvements de contestation ont vu le jour. Plusieurs associations de commerçants et syndicats ont exprimé leur mécontentement à travers des grèves et manifestations, appelant le gouvernement à revoir ces mesures.
Un collectif d’opérateurs économiques a récemment demandé l’ouverture d’un dialogue avec l’État pour trouver un compromis sur certaines taxes jugées trop contraignantes. Certains experts plaident également pour une meilleure progressivité des taxes, afin d’éviter qu’elles ne pèsent disproportionnellement sur les plus démunis.
Quelle suite pour cette réforme ?
Malgré les critiques, le gouvernement reste ferme sur la nécessité de ces nouvelles taxes, tout en affirmant être ouvert à des ajustements si des alternatives viables sont proposées. Une commission d’évaluation fiscale devrait être mise en place pour surveiller l’impact de ces réformes sur l’économie nationale.
En attendant, le débat reste vif au sein de la société malienne, entre nécessité de financer le développement et crainte d’une pression fiscale trop lourde sur les citoyens et les entreprises.
BOUKA NIARE
Architecte de données